L’autonomie affective que je pratique s’apparente à l’approche émotivo rationnelle, en ce qu’elle énonce que la pensée crée : soit elle crée mon bien-être, soit elle crée mon mal être. Donc pour devenir plus heureux et heureuse, je vais devoir apprendre à m’écouter penser chaque fois que je me sens mal, stressé, déçu, frustré, envieux. Pour ce faire, j’ai un magnifique système de guidance, les émotions. Les émotions sont des signaux d’alarme innés qui me renseignent sur ce que je suis en train de penser et sur mes besoins affectifs à combler. Autrement dit, j’ai à devenir conscient de mon discours mental grâce à mon senti. Mon discours mental est-il aidant, jugeant, nuisible, réaliste, fabulé ?
Prenons un exemple: je rentre à la maison après mon travail, je me sentais bien, j’avais eu une « bonne journée » mais en voyant le ménage pas fait, les traineries des enfants, le souper à faire etc. je me suis sentie lourde, frustrée, déçue.
Le travail d’autonomie affective nécéssite d’apprendre à amener à la conscience tout ce que je suis en train de penser face à la situation qui déclenche mon mal être, si subtil soit-il.
Les croyances pourraient être : « le ménage devrait toujours être fait, les enfants ne devraient jamais laisser trainer des choses, mon conjoint devrait m’aider pour les repas, je dois tout faire, c’est pas juste, c’est toujours à recommencer, je suis tannée, frustrée, déçue, j’ai pas de temps pour moi . »
Inconsciemment, nous avons appris à croire certaines choses sur nous-mêmes, la vie, les autres.
Nous avons appris à dépendre de l’extérieur pour se sentir bien. Ce faisant, nous n’avons pas appris que le bonheur est mental, et que m’aimer en tout temps, est le but de la vie. Pas être parfait ou tout faire ou tout avoir…
On appelle cela de la dépendance affective. On croit qu’on va être heureux quand le ménage sera fait, si les enfants ne trainent pas, quand mon conjoint m’aidera, etc. Le pire, c’est que quand tout cela sera fait, comme on dépend du faire et de l’avoir et du paraître, et bien ce sera mes kilos en trop, mes rides, ma perte de cheveux, mon compte en banque, le voyage que je ne peux pas faire cette année, mon mal de dos etc…
Et c’est normal qu’on soit dépendant affectif. On nous l’a montré tout jeune et nos parents se sont fait dire la même chose… Y a pas de coupable, y a un lavage de cerveau, une programmation qui circule de génération en génération. Ex. : « Qu’est-ce que tu vas faire comme job plus tard, auras-tu une femme, des enfants, une grosse maison, etc. »
On nous a malencontreusement montré qu’on serait heureux si, et quand certaines conditions extérieures à nous, seraient atteintes. On nous a montré que le bonheur était dans le faire, l’avoir et le paraître. « Je serai fière de toi quand tu auras de bonnes notes, une bonne job, des enfants, une maison, de l’argent, une posture sociale etc. ». Autrement dit, le parent qui nous a dit « je t’aime si, je t’aime quand », va devenir chez l’enfant, « je m’aime si, je m’aime quand. »
Pourtant, depuis que je suis né, j’ai besoin d’amour inconditionnel. J’ai besoin d’être aimé, valorisé, compris et reconnu, pour qui je suis, et non ce que je fais, ou ce que j’ai l’air, ou ce que je possède. Ma valeur est intrinsèque à ma vie, j’ai de la valeur depuis que je suis né !
La logique de l’amour inconditionnel pourrait répondre à la situation ci-haut : je veux m’aimer sans condition, ménage fait ou pas. Y a 24hres dans une journée, si je veux avoir du temps pour moi, du temps de qualité avec ma famille, je dois faire le deuil d’une maison toujours parfaitement rangée et propre. Je ne suis pas ma maison ou le ménage, je suis une personne précieuse et je veux apprendre à devenir ma meilleure amie.
Les enfants sont des enfants, pas des mini adultes, ils ont tout à apprendre. C’est moi qui se fait l’exigence de tout faire, tout parfait. Mon conjoint et mes enfants ne sont pas responsables de comment je me fais vivre les choses. Je n’ai pas appris à m’occuper de mes besoins à moi, donc je n’ai jamais demandé à mon conjoint ou mes enfants de m’aider, je chiale et ça n’arrange rien. Par amour pour moi je vais apprendre à me défaire de mes attentes irréalistes, que tout soit sous contrôle pour être heureuse. Sinon, je vais continuer d’être stressée et frustrée. Je veux m’aimer, pas me nuire. Je vais apprendre à m’écouter penser chaque fois que je me sentirai mal. Je veux apprendre à répondre à mes besoins, en remettant en question ces croyances qui me font croire que je serais plus heureuse si j’avais le contrôle sur tout. Le seul contrôle que j’aurai vraiment à force de pratiquer l’autonomie, est le « comment » je me fais vivre les choses, comment j’interprète ce qui m’arrive. J’ai besoin de temps pour moi, je me le donne et je lâche prise sur le ménage parfait, sachant qu’une maison propre, n’a pas le pouvoir de me rendre heureuse car c’est toujours à recommencer… je ne veux plus dépendre de tout et de rien…
Pour des infos sur l’accompagnement et la thérapie en autonomie affective écrivez à vivrelebonheur@videotron.ca
Renée Marc-Aurèle, Thérapeute en Relation d’aide – Approche autonomie affective
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