Pourtant, lorsqu’elle devient notre principale façon d’encourager, cette simple expression peut subtilement modifier la façon dont l’enfant perçoit sa propre valeur. L’enjeu n’est pas de bannir un mot de notre vocabulaire, mais de conscientiser le message affectif que nous transmettons : la valeur de l’enfant dépend-elle de ce qu’il accomplit ?

La période de 0 à 7 ans : la fondation de la relation à soi
C’est particulièrement entre 0 et 7 ans que l’enfant installe sa programmation de départ : ce qu’il croit de lui-même, des autres et de la vie. Durant ces années charnières, il absorbe énormément de ce qu’il voit, entend et comprend autour de lui. Vers 5 à 7 ans, à l’âge de raison, ce fondement affectif est installé.
Si, jour après jour, il remarque que notre visage s’éclaire surtout lorsqu’il rapporte une réussite, il peut en tirer une conclusion silencieuse : « Pour être aimé, il faut que je réussisse. »
À l’inverse, il peut aussi croire que lorsqu’il échoue, qu’il se trompe ou qu’il ne répond pas aux attentes, il perd de sa valeur. Il devient alors de plus en plus attentif aux réactions des autres pour savoir s’il est « assez bien ».
Pourtant, sa valeur n’augmente pas lorsqu’il réussit et ne diminue pas lorsqu’il échoue. Elle est acquise à la naissance. Il est précieux, important et aimable avant même d’avoir accompli quoi que ce soit.
Séparer le geste de la personne
L’autonomie affective repose sur une distinction essentielle : ce que l’enfant fait ne définit pas qui il est.
Un enfant peut oublier son texte lors d’une pièce de théâtre, réagir de façon impulsive sous le coup de la frustration, ou ramener un bulletin scolaire décevant. Ces moments parlent de ce qu’il a fait, à un instant précis. Ils peuvent demander un recadrage, une limite ou une réparation.
Mais rien de cela ne change sa valeur comme être humain.
Accueillir l’enfant tel qu’il est ne veut pas dire tout laisser passer. On peut nommer clairement ce qui ne convient pas, poser une limite ou demander une réparation, en parlant du geste et jamais de la personne.
« Tu as lancé ton jouet sur ta sœur, ce n’est pas acceptable » corrige un comportement.
« Tu es méchant » touche l’identité.
Différencier l’approbation de l’encouragement
L’approbation évalue la personne : « Tu as eu un A à ton examen, tu es un bon garçon, je suis fière de toi. »
À force d’entendre que ses réussites rendent les adultes fiers et que certains comportements les déçoivent, l’enfant peut aussi apprendre qu’il est responsable de ce que les autres ressentent.
Il risque alors de chercher à réussir, à plaire ou à bien faire pour produire une réaction positive chez eux. C’est ainsi que peut s’installer une forme de dépendance affective : mon regard sur moi dépend peu à peu du regard que je crois lire dans les yeux des autres.
L’encouragement soutient le processus et l’effort : « J’ai vu combien tu as étudié pour cet examen. Ta persévérance a porté fruit. »
Lorsque nous encourageons le processus, l’enfant apprend peu à peu à devenir son propre allié. Il découvre qu’il a le droit à l’erreur et que l’amour de soi ne s’évapore pas face à la difficulté.
Voici deux exemples concrets pour illustrer cette nuance :
- Le dessin :
Un enfant vous tend un dessin. Au lieu de dire automatiquement
« Wow, je suis tellement fier de ton talent ! »,
vous pouvez dire :
« Regarde toutes les couleurs que tu as utilisées ! Et toi, qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton dessin ? » - La défaite sportive :
L’enfant perd un match important et pleure. Au lieu d’invalider sa peine ou de lui dire
« Je ne suis pas fier de ton attitude sur le terrain »,
on peut accueillir ce qu’il vit :
« Je vois que tu es déçu. Tu aurais vraiment aimé gagner. On va prendre le temps de respirer, puis on regardera ce que tu as appris de ce match. »
Quoi dire à la place pour nourrir l’autonomie affective
Pour aider un enfant à bâtir un amour de soi solide et inconditionnel, nous pouvons tranquillement transformer nos formulations pour l’inviter à développer son propre regard sur lui-même.
Voici quelques alternatives au traditionnel « je suis fier de toi » :
- Pour valoriser l’effort : « Tu as mis beaucoup de temps et d’énergie là-dessus. Tu peux être content de toi ! »
- Pour souligner la progression : « Te souviens-tu comme c’était difficile la semaine dernière ? Regarde le chemin que tu as parcouru. »
- Pour stimuler la réflexion : « Et toi, qu’est-ce que tu penses de ce que tu viens de faire ? Es-tu content de toi ? »
- Pour accueillir l’erreur : « Ça n’a pas fonctionné comme tu le voulais. C’est frustrant. Qu’est-ce qu’on pourrait essayer de différent la prochaine fois ? »
- Pour rappeler l’amour inconditionnel : « J’aime te voir apprendre. Mon amour pour toi est là, que tu réussisses du premier coup ou du dixième. »
Apprendre à devenir son propre allié
Le plus grand cadeau que nous puissions faire à un enfant n’est pas de lui apprendre à nous rendre fiers, mais de l’aider à développer une relation aimante avec lui-même.
À comprendre que sa valeur ne dépend ni de ses résultats, ni de ses performances, ni du regard des autres.
Il peut apprendre à se connaître, à s’accueillir, à reconnaître ses besoins et à devenir son propre allié.
Ainsi, devant une réussite comme devant une difficulté, il pourra peu à peu se demander :
« Et moi, qu’est-ce que je pense de moi ? De quoi ai-je besoin ? Comment puis-je prendre soin de moi maintenant ? »
Pour aller plus loin :
Ma valeur vient-elle de mon travail ? – Se libérer par l’autonomie affective
Vous aimeriez être accompagné(e) pour développer une relation plus bienveillante avec vous-même et apprendre à vous rendre heureux, heureuse ?
Je vous accompagne en relation d’aide – approche autonomie affective, en ligne ou à Longueuil.
Voir ma fiche Google et les avis
Renée Marc-Aurèle
Thérapeute en relation d’aide – Autonomie affective
Vivre le bonheur
vivrelebonheur@videotron.ca
Pourquoi apprendre l’autonomie affective est l’aventure la plus importante de votre vie
Depuis des générations, l'être humain cherche le bonheur à l'extérieur. Découvrez pourquoi apprendre l'autonomie affective est la clé pour bâtir un bonheur durable, de l'intérieur vers l'extérieur. Pendant longtemps, beaucoup d'entre nous ont cru que le bonheur était...
J’ai fait une erreur : comment arrêter d’anticiper le pire et de me dénigrer
Situation : J’ai fait une erreur au travail et ça a mal tourné. Ce que j’ai fait n’a pas du tout fonctionné comme prévu. Je me sens mal et je commence à faire des scénarios pour tenter de me rassurer, mais ça ne fonctionne pas. J’imagine le pire : j’ai peur de la...
L’orgueil et l’autonomie affective : comprendre son impact sur notre bien-être
L’orgueil se préoccupe du « paraître » alors que l’intelligence affective se soucie de notre bien-être… L’orgueil est un pattern de ne se soucie pas de notre bien-être. Son est de ne pas perdre la face! L’orgueil, ce n’est pas de l’amour de soi. En autonomie...
Autonomie affective : transformer ses habitudes mentales
Comprendre ses habitudes de penser pour créer son bonheur de l’intérieur Dans mon approche en autonomie affective, le bonheur n’est pas quelque chose que l’on attend de l’extérieur. Il se construit de l’intérieur, à partir de notre manière de penser, d’interpréter la...
Comment prendre la responsabilité de ses besoins et sortir de l’impuissance
Dans l’approche de l’autonomie affective, devenir responsable de son bien-être passe notamment par un apprentissage essentiel : apprendre à reconnaître ses besoins et à chercher comment y répondre. Nous avons tous des besoins : besoin de sécurité, de respect, de...
Apprendre à s’aimer : comment faire sa mise à jour intérieure
Dans l’approche de l’autonomie affective, apprendre à s’aimer ne consiste pas simplement à essayer de penser positivement ou à se répéter de belles phrases. Il s’agit plutôt d’apprendre à prendre conscience de ce qui se passe à l’intérieur de soi : ce que je pense, ce...
Renée Marc-Aurèle | Thérapeute en relation d’aide à Longueuil – Rive-Sud
Le bonheur, ça s’apprend. Il ne vient pas d’abord de ce que nous avons, de ce que nous faisons ou du regard des autres. Il se construit à l’intérieur, dans notre façon de penser, de nous parler et de nous traiter. Dans l’approche de l’autonomie affective, le bonheur...
L’amour est une décision
L’amour guérit, alors que le manque d’amour, le jugement, les attentes infantiles, l’irrationnel détruisent mon bonheur ici maintenant. Le bonheur est issu de l’amour, d’un mental aimant, donc si je ne m’aime pas, que je ne nourris pas ma volonté de créer mon bonheur,...
Les émotions, ça sert à quoi?
Les émotions sont innées. Dès la naissance, le petit bébé n’a pas d’autres moyens de communication que ses émotions. C'est un système de guidance qui permet à l'humain de répondre à ses besoins de survie. Grâce à l'émotion, l'enfant va faire savoir au parent si ses...
Qu’est-ce que l’autonomie affective ? Comprendre l’art du bonheur durable
Et si le bonheur ne dépendait pas de ce que nous faisons, possédons ou montrons, mais de la manière dont nous nous parlons intérieurement ?Dans cet article, découvrez comment l’autonomie affective peut vous aider à retrouver la liberté d’être heureux(se), en vous...










